mercredi 26 juin 2019

L'art d'accommoder les restes (2)

Dans la catégories fleurs, il nous restait aussi les restes de cartes de jour de l'an dans les papiers origamis ... Comme pour la dernière fois, j'ai laissé les enfants libres de choisir leurs motifs chez Nanoug, à condition de changer entre l'extérieur et l'intérieur. Aucun problème de créativité !





Il nous restait encore quelques empreintes de main :

lundi 24 juin 2019

L'art d'accommoder les restes (1)



J'ai trouvé ce matin le complément de la découpe de la fleur du porte-manteau de la rentrée ! Sur du papier blanc, dans un tas, on ne s'en était pas servi !
Pour occuper mes élèves pendant que je fais une activité de la plus haute importance (évaluer la comptine numérique individuellement), une petite activité de recyclage :
- Autour de la fleur découpée, exécuter un motif graphique choisi dans le répertoire de Nanoug
  
- Sur une feuille dont on a choisi la couleur, frotter à la craie plate, par dessus un morceau de papier peint en relief issu d'un catalogue qui traîne dans la classe

- Coller
Le tour est joué, chacun dans son style !
























samedi 15 juin 2019

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Voici la fin de l'année scolaire et son lot de surprises !
Pour moi une très très bonne : j'ai obtenu le poste que je visais.
Quelques dégats collatéraux : ces pauvres petits lapins n'ont plus que quelques jours à vivre !
(ne me demandez pas pourquoi, trop hallucinant à expliquer )

En leur honneur, m'est revenue une poésie que j'avais apprise à l'école, et que j'avais recopiée dans un cahier de poésie que j'avais fabriqué à ma maman pour la fête des Mères. Le cahier s'est perdu mais dans ma tête je me souvenais d'un "p'tit bout" :
Et dans la bonne odeur des pins
Nous sommes les petits Lapins
Assis sur leurs petits derrières.

Aussi ai-je consulté le net pour en retrouver la suite.
grâce au site un jour un poème où j'ai trouvé mon texte.
Quelle ne fut pas ma surprise de trouver l'intégralité du poème de Théodore de Banville ! Jamais mon instit ne nous aurait appris la version intégrale ! Je doute même, qu'avant l'ère internet, elle y ait eu accès !
Voici ce que j'avais appris :

Nous sommes les petits Lapins,
Gens étrangers à l’écriture
Et chaussés des seuls escarpins
Que nous a donnés la Nature.

Nous sommes les petits Lapins,
C’est le poil qui forme nos bottes,
Et, n’ayant pas de calepins,
Nous ne prenons jamais de notes.

Et dans la bonne odeur des pins
Qu’on voit ombrageant ces clairières,
Nous sommes les tendres Lapins
Assis sur leurs petits derrières.


Je publie donc avec délice l'intégralité du poème ci-dessous, avec une pensée émue pour mon enseignante sans doute au ciel à présent, en évoquant la strophe 6 :

Lapins, de Théodore de BANVILLE

Les petits Lapins, dans le bois,
Folâtrent sur l’herbe arrosée
Et, comme nous le vin d’Arbois,
Ils boivent la douce rosée.

Gris foncé, gris clair, soupe au lait,
Ces vagabonds, dont se dégage
Comme une odeur de serpolet,
Tiennent à peu près ce langage:

Nous sommes les petits Lapins,
Gens étrangers à l’écriture
Et chaussés des seuls escarpins
Que nous a donnés la Nature.

Près du chêne pyramidal
Nous menons les épithalames,
Et nous ne suivons pas Stendhal
Sur le terrain des vieilles dames.

N’ayant pas lu Dostoïewski,
Nous conservons des airs peu rogues
Et certes, ce n’est pas nous qui
Nous piquons d’être psychologues.

Exempts de fiel, mais non d’humour
Et fuyant les ennuis moroses,
Tout le temps nous faisons l’amour,
Comme un rosier fleurit ses roses.

Nous sommes les petits Lapins,
C’est le poil qui forme nos bottes,
Et, n’ayant pas de calepins,
Nous ne prenons jamais de notes.

Nous ne cultivons guère Kant;
Son idéale turlutaine
Rarement nous attire. Quant
Au fabuliste La Fontaine,

Il faut qu’on l’adore à genoux;
Mais nous préférons qu’on se taise,
Lorsque méchamment on veut nous
Raconter une pièce à thèse.

Étant des guerriers du vieux jeu,
Prêts à combattre pour Hélène,
Chez nous on fredonne assez peu
Les airs venus de Mitylène.

Préférant les simples chansons
Qui ravissent les violettes,
Sans plus d’affaire, nous laissons
Les raffinements aux belettes.

Ce ne sont pas les gazons verts
Ni les fleurs, dont jamais nous rîmes
Et, qui pis est, au bout des vers
Nous ne dédaignons pas les rimes.

En dépit de Schopenhauer,
Ce cruel malade qui tousse,
Vivre et savourer le doux air
Nous semble une chose fort douce,

Et dans la bonne odeur des pins
Qu’on voit ombrageant ces clairières,
Nous sommes les tendres Lapins
Assis sur leurs petits derrières.

27 novembre 1888.

Pour en savoir plus, c'est ici.


vendredi 7 juin 2019

Fête des Mères et Graphisme : réaliser un livre

Pour la Fête des Mères, j'ai fait réaliser à mes MS un livre d'art en un exemplaire.

Voici la démarche, à utiliser pour n'importe quelle occasion.
J'ai choisi un très beau papier aquarelle de mes vieux stocks, un Fabriano pur coton que j'avais eu en soldes, un format Jésus coupé en deux dans le sens de la longueur. Un autre papier peut convenir mais il faut qu'il soit aquarelle et très lourd, pour éviter que l'encre traverse.
J'ai choisi que l'enfant réalise différentes techniques de graphisme et d'impression, mais il n'y a pas d'ordre.
Le pliage en accordéon permet que le livre puisse également être présenté debout, comme une sculpture de papier.
A part la couverture, chaque page a pour thème une lettre du mot MAMAN.
M : Avec de grands tampons, on imprime plusieurs M. Puis on opère un tracé en lignes verticales parallèles interrompus quand il y a la lettre (feutres fins). Quand l'enfant dévie trop, on recommence en sautant un grand espace; le hasard a voulu que cette rupture crée un espace de respiration dans la feuille

A : fait en réserve de ruban adhésif transparent, par l'adulte, devant l'enfant. En GS peut-être pourrait-il le faire en grande partie seul. Puis on frotte partout à la craie plate, de façon aléatoire. Le moment où l'enfant décolle le ruban adhésif est absolument magique !


M : graphisme d'un grand M au pastel, puis on l'entoure avec des cœurs, variantes courbes du M.
A : empreintes de petites lettres M dans différentes typos.

On repasse la double page à l'encre en gel avec des tampons mousses ronds. Quand ça sèche, les couleurs ressortent beaucoup mieux.


N: même idée que pour le premier A, au ruban adhésif, mais l'enfant réalise ensuite des boucles avec sa craie plate.


Pour la couverture, les enfants réalisent avec notre vieille imprimerie-tampons leur prénom en cherchant seuls les lettres qu'ils assemblent avec ou non l'aide de leur étiquette. Ils tamponnent ensuite partout. Une touche coloré avec des flacons-tampons nacrés et une gommette pailletée en cœur de chez Söstrene Grëne.


C'est un projet qui demande plusieurs jours car , en plus du travail, il faut compter le temps de séchage. Un peu juste pour la Fête des Pères qui vient ...
Nous avons eu le temps de réaliser l'emballage : un collage de gommettes sur une enveloppe kraft, que l'on a ensuite entourées de traversées de boucles

dimanche 19 mai 2019

Situation problème (14) : la date (13) : un et encore un ...


Il s'est produit vendredi une situation inédite qui m'a permis, à mon grand plaisir, de constater combien mes élèves avaient pris goût à ces situations-problèmes et combien ils s'investissaient pour réussir. En voici la description : 
Vendredi, au moment du rituel de la date, je constate que ma modulatrice, maîtresse L. ,  n'a pas pu faire le calendrier, la date est donc restée en l'état depuis mardi, mon dernier jour en classe.
 La situation est intéressante mais difficile. Je tente : les enfants trouvent facilement que nous sommes vendredi, car hier était jeudi, le jour de ma modulatrice. Nous mettons tous les crayons en place qui indiquent les jours, jusqu'à aujourd'hui, vendredi
Pour le numéro du jour, je décide de leur proposer de faire un jour après l'autre, mais mes élèves vont devoir se débrouiller tout seul, je ne dirai rien. 
Nous commençons donc par mercredi : "après 14, c'est 15, parce que 5 vient après 4". Je renforce: "14 et encore 1 c'est 15"
Nous vérifions avec l'éphéméride. Je place le ticket du mardi sous le crayon, et l'éphéméride lui-même sous le mercredi.
Passons au jour suivant : les enfants, là hésitent. Je leur demande s'il y a un chiffre dont on est sûr. "Oui, le 1 marron". On l'écrit. "Et le vert" ?
Un enfant, L.,  propose le 1 vert. En fait il fait la même erreur que l'autre jour, il redouble le chiffre des dizaines. J'écris sa proposition. 
Mais V. aussitôt, n'en veut pas. "Ca ne va pas. Le 11, il est déjà passé !" C'est bien vrai, ce jour-là, il y avait deux anniversaires dans la classe !
Alors, pour le jour suivant ? E. est formelle : 17
  Le 17, c'est E. qui l'a faite, elle y est très attachée. Pourtant B. la contrarie : "c'est 16, parce que 6 vient après 5. J'ai deux propositions : 16 et 17. La classe penche pour 16.
Je montre sur la frise : oui, 15, et encore un, et c'est 16. Mais E. insiste : "c'est 17". Moi : "pourquoi ?" E : "parce que le 16, c'est le numéro du jour pour maîtresse L. "
Eureka ! E. avait bien compris que 16 vient après 15, mais avait confondu le jour de la semaine, le jeudi, de maîtresse L., avec aujourd'hui, vendredi. Elle avait donc raison aussi : le 16 est bien le jour de maîtresse L., c'est le jeudi. Et le 17 alors ? V. nous dit : c'est aujourd'hui, vendredi.
Nous rajoutons quelques flèches pour qu'E. (et les autres ) comprennent bien :

 On vérifie avec l'éphéméride en plaçant bien chaque ticket sous chaque jour ...
 
J'ai chaleureusement complimenté mes élèves, tous fiers. Ils l'avaient bien mérité !

vendredi 10 mai 2019

Situation problème (13) : la date (12) : savoir lire un énoncé ...

Bien sûr, on en n'est pas encore là en MS, mais c'est une situation proche qui s'est mise en place ici : en voici le récit.
Chaque lundi, nous mettons en place la nouvelle semaine : nous restituons la semaine complète avec les petits crayons aimantés qui retrouvent leur place, et nous dévoilons la feuille de l'éphéméride avec son ticket spécial week-end : samedi et dimanche ensemble. Ici donc 4 et 5 Mai.
Sur le calendrier de dimanche, nous voyons que O. a eu 5 ans : 5ans le 5 Mai , ça c'est amusant !
J'en profite pour poser la question rituelle : "hier dimanche nous étions le 5. Quel jour sommes nous aujourd'hui ?"
Les élèves semblent avoir assimilé la dernière notion, "juste avant, juste après" et proposent 4 et 6.

Nous regardons dans la frise numérique : c'est correct : 4 et 5 sont "autour de" 5


C'est alors que j'insiste beaucoup, mais vraiment beaucoup : pourquoi l'ON SAIT que cela ne peut pas être 4 ?
Plusieurs répondent : "parce que 6 est après 4".
Pourtant, cela ne me suffit pas. J'insiste : "on peut le savoir SANS REGARDER LA FRISE NUMERIQUE". "On peut le savoir même si on ne sait pas compter."
Finalement, puisque je refuse de continuer, il faut bien qu'ils trouvent une autre idée.
Et finalement :
"Parce que 4 est déjà écrit sur l'éphéméride"
Mais bien sûr ! Il est sous nos yeux le 4 ! Ca veut dire qu'il est déjà passé.

J'ai profité de cette occasion car là on est vraiment dans les fondamentaux : avant d'exercer ses connaissances, la première des choses c'est d'OBSERVER. Nous l'oublions trop souvent, trop contents que les enfants fassent des apprentissages, s'exercent ...


lundi 6 mai 2019

Situation problème (12) : la date (11) : changement de dizaine

Mardi, dernier jour du moi, grande fierté ! Mes matheux sont de vrais chercheurs !
Pour le numéro du jour, B. propose tout de suite 0. "Après 9, y a plus rien, alors on recommence".
Mais il ne propose pas de changer le 2 bleu (dizaine)


Alors E. n'est pas d'accord." Il faut 3; après 2 c'est 3"


Je reprends alors les anciennes feuilles d'éphéméride et on voit que 20 est déjà passé.
On vérifie : tout bon !