mercredi 30 décembre 2009

L'effet Pygmalion revisité par Cyrulnik

 "Il est très étonnant de constater à quel point les enseignants sous-estiment l'effet de leur personne et surestiment la transmission de leurs connaissances. Beaucoup d'enfants, vraiment beaucoup, expliquent en psychothérapie à quel point un enseignant a modifié la trajectoire de leur existence par une simple attitude ou une phrase, anodine pour l'adulte mais bouleversante pour le petit.
Les enseignants, en revanche, n'ont pas conscience de ce pouvoir. Les professeurs interrogés sur la réussite scolaire de leurs élèves ne s'attribue presque jamais le mérite du succès. Presque toujours, ils l'expliquent par une sorte de qualité inhérente à l'élève : "Il avait une bonne tête", "ça rentrait bien", "il était studieux"... comme si l'enfant avait possédé une sorte de qualité scolaire à laquelle ils étaient étrangers, un bon terreau où avaient poussé les connaissances qu'ils y avaient plantées(...)
les enseignants qui croient à la résilience ont un effet de résilience supérieur à ceux qui n'y croient pas. Même quand ils n'ont pas travaillé le concept, le simple fait d'en être convaincu construit une représentation intime qui s'exprime par des indices que l'enfant perçoit comme des informations massives, évidentes pour lui.
Mais cela ne peut pas constituer une recette comportementale puisque, pour faire un tuteur de résilience, il faut une constellation de pressions. Le petit changement d'interaction qui témoigne du changement de représentation dans l'esprit de l'enseignant est mieux accepté par les filles. Elles font facilement de ces indices comportement un tuteur de résilience puisque depuis leurs petites années, elles vont à l'école pour faire plaisir à maman, à papa et à la maîtresse."
Boris Cyrulnik, le murmure des fantômes p95-97

vendredi 14 août 2009

Lecture : Chagrin d'école, 1

"-Cinquante-cinq minutes de français, expliquais-je à mes élèves, c'est une petite heure avec sa naissance, son milieu et sa fin, une vie entière, en somme.
Cause toujours, auraient-ils pu me répondre, une vie de littérature qui ouvre sur une vie de mathématiques, laquelle donne sur une pleine existence d'histoire, qui vous propulse sans raison dans une autre vie, anglaise celle-là, ou allemande, ou chimique, ou musicale...Ca en fait des réincarnations en une seule journée ! Et sans aucune logique ! C'est Alice au pays des merveilles, votre emploi du temps : on prend le thé chez le lièvre de mars et on se retrouve sans transition à jouer au croquet avec la reine de cœur. Une journée passée dans le shaker de Lewis Caroll, le merveilleux en moins, vous parlez d'une gymnastique ! Et ça se donne des allures de rigueur, par dessus le marché, une absolue pagaille taillée comme un jardin à la française, bosquet de cinquante-cinq minutes par bosquet de cinquante-cinq minutes. Il n'y a guère que la journée d'un psychanalyste ou le salami du charcutier pour être découpés en tranche aussi égales. Et ça toutes les semaines de l'année ! Le hasard sans la surprise, un comble !

Chagrin d'école, Daniel Pennac, folio, p129

lundi 3 août 2009

samedi 11 juillet 2009

Le loup la queue entre les jambes


Je suis allée visiter l'exposition d' Anthony Browne. On peut y voir quantité de dessins originaux, faits aux crayons de couleur et à l'aquarelle : l'original de histoire à quatre voix, les dessins de Marcel, les arbres tourmentés d'Hansel et Gretel ou du tunnel... Fascinant de précision et de fraîcheur ! Il faut y retourner plus d'une fois.
Et comme d'habitude, on y découvre des détails que l'on n'avait jamais vu : ainsi dans "mon papa", feuilleté cent mille fois, je n'avais jamais remarqué que le loup partait la queue entre les jambes !

samedi 4 juillet 2009

Où il est question de parapluie, de thé, et d'autres choses...


Agnès Desarthe l'a écrit. Martine Perrin l'a illustré. Milan l'a publié. Gladys me l'a montré. La librairie Jean-Jaurès me l'a vendu. Et je le lui ai offert.
Normal...Logique...

lundi 29 juin 2009

Une exposition d'Anthony Browne

dossier, bibliographie, etc ici



visible à Nice, à la Médiathèque Louis Nucéra. C'est bientôt, pour les vacances.
Anthony Browne est venu à Nice, il y a peu. Moi qui suis une lectrice assidue, je n'y suis pas allée. Pas envie. Je pense que j'avais peur, peur d'être déçue. je suis un peu "Marcel" parfois...

samedi 27 juin 2009

Humeur

Je me demande souvent quels adultes deviendront les enfants dont je m'occupe. Je me demande aussi quels enfants étaient les adultes qui s'en occupent aujourd'hui; surtout ceux qui emportent les frises numériques pour que le collègue qui leur succède n'en profite pas.

jeudi 18 juin 2009

Recyclage de bandeaux





Pour Carnaval, les enfants avaient fabriqué des bandeaux d'indien : une bande de mousse où ils avaient collé des figures géométriques en algorithme 1-1 et agraphé une plume. J'ai roulé de grandes feuilles de carton ondulé et placé un ou plusieurs bandeaux. Les enfants devaient composer le visage sous le bandeau en choisissant à leur convenance des gommettes de mousses ou des rondelles de bois.

Petits mais pas manchots



Réalisés par les PS et les élèves de la crêche en visite chez nous, voici les petits pingouins de notre exposition de fin d'année : réalisés avec des pions de bois (peints en noir il y a trois ans car ils devaient être Rafara ou Kirikou !) dont les enfants ont peint le ventre à la peinture blanche, collé les gommettes des ailes, des pieds et du bec, collé les yeux mobiles et verni à la Créacolle.

mercredi 17 juin 2009

On prend les mêmes et on recommence...


extrait de Blaise et le château d'Anne Hiversaire de Claude Ponti.

J'avais déjà créé ce blog il y a quelques temps, alors que je faisais une émission littéraire sur une radio locale, pour y créer un fond de documentation. Et puis l'émission s'est arrêtée, le blog était devenu inutile. En même temps, j'ai appris que la tenue d'un blog pour ma classe, pourtant totalement invisible sur la toile, était totalement interdite pour l'administration. Dur dur...
En cette fin d'année scolaire, le temps des bilans, s'ouvre de nouveau l'envie de créer quelque chose de pédagogique, un espace de liberté fourre-tout, bric-à-brac, coup de cœur, coup de gueule, qui me ressemble, un lieu de publication , d'échange peut-être. C'est comme ça que je réembarque de nouveau...