dimanche 28 février 2010

Variations autour de Bleu II

J'avais l'intention de suivre les instructions de cet excellent blog le tour de ma classe.
J'ai donc mené sans souci la leçon de langage autour de Bleu II de Miro, que je possédais en reproduction couleur format A3
Un enfant a vite trouvé un nom pour l'alignement des taches : un petit pont de pierres (comme celles sur lesquelles on saute pour traverser une rivière).
Ensuite, en n°2, j'ai proposé aux enfants deux activités en parallèle :
-une activité coloriage format A4 : j'avais détouré les tâches et reproduit celles-ci sur deux types de feuilles :
                    une feuille de dessin blanche pour l'ensemble des enfants
                    une feuille bleu vif pour ceux en PS qui ont le plus de mal, afin de limiter le temps de coloriage et de faciliter le travail de perception
                   les MS ont trié les couleurs nécessaires parmi les crayons Ferby Lyra, les stabilos woody, les gros pastels gras.
-une activité peinture grand format pinceau et gouaches lumineuses.

J'avais bien prévu de faire l'activité n°3 prévue sur le blog de Nanoug, mais je n'avais pas la possibilité matérielle de préparer les découpages des petites taches noires.
Aussi ai-je transformé l'activité.
















J'avais des planches de bandes de gommettes rondes de tailles différentes rangées par couleur.
Je les ai découpées en bandes et proposé à chaque enfant d'en choisir une et de l'associer à une feuille de couleur vive de son choix choisies dans le paquet, et à un pastel pour le trait vertical, à condition que chaque chose soit de couleur différente.
Faire une petite blague a donc consisté à réaliser un tableau composé de la même manière, mais avec des couleurs différentes.
A l'issue du travail,  le groupe classe a décidé si chaque tableau suivait bien les règles : couleurs différentes, trait à gauche, petit pont...
 








Et voici notre panneau de présentation  :





jeudi 25 février 2010

Lettres et prénoms (4) : conflits

Dans le scrabble, il y a parfois des conflits tous simples, une seule lettre et deux en ont besoin !
J par exemple.
Apprenons à croiser :


vendredi 15 janvier 2010

A vos bombes

Peut-être le remarquerez-vous, j'ai l'esprit caustique en ce moment. Aussi ne puis-je résister au plaisir de publier un extrait d'un fichier de l'OCCE, organisme habituellement dénué de tout soupçon et favorisant la coopération à l'école et la coopération sociale. C'est ce qui est d'ailleurs indiqué en préface du livret apprendre en jardinant :
"le jardinage à l'école engage l'enfant dans le processus d'émerveillement et l'amène à prendre conscience de la responsabilité individuelle et collective des "passagers de la terre" que nous sommes tous... c'est apprendre à concevoir et respecter les règle dans la sérénité et la compréhension, pour une vie sans violence"
N'empêche que... sur les deux jeux proposés du fichier, l'un s'appelle "coccinelles et pucerons" pour des enfants de 4 à 7 ans : des pions coccinelles, des pions pucerons, des pions noirs insecticides, on tire les cartes deux par deux, et le but du jeu : "les joueurs qui auront permis à la coccinelle de manger les pucerons avant d'être empoisonnée par l'insecticide seront gagnants".
Je ne dois avoir rien compris : c'est sans doute un jeu de survie pour écologistes profonds

lundi 11 janvier 2010

Comment manger des larves pour survivre...

Des étudiants en biologie se destinant au concours d'infirmiers peuvent faire un stage d'une semaine dans un hôpital seuls dans un service, poser des perfusions, désinfecter des plaies, surveiller des gens dans le coma.
Non, non, bien sûr, rassurez-vous, c'est une fausse information. Cela est simplement possible dans l'enseignement : la semaine prochaine, des étudiants désirant passer le concours d'enseignants du premier degré vont pouvoir faire un stage en responsabilité, c'est-à-dire être seuls dans une classe, pendant une semaine : certains vont enseigner chaque jour dans une classe différente, d'autres vont pendant une semaine avoir une classe qui peut être à plusieurs niveaux, genre CP-CE1.
Qui sont les cobayes ? des enfants, peut-être les vôtres. Leurs enseignants habituels ? de jeunes maîtres d'un ou deux ans d'ancienneté (c'est-à-dire la plupart occupant les derniers postes disponibles après que tous les autres, plus anciens, aient choisi) qui partent en stage obligatoire pour valider leur formation.
J'avoue ne pas être très fière d'avoir participé à la "formation" de ces étudiants ce soir : deux heures sur la maternelle, de 17 à 19h, pour des gens dont l'écrasante majorité n'a pas vu de maternelle depuis qu'ils y sont eux-mêmes allés. Cela me rappelle les stages de survie dans la brousse organisés il y a quelque temps : reprendrez-vous un peu de larve de libellule ?

mercredi 30 décembre 2009

L'effet Pygmalion revisité par Cyrulnik

 "Il est très étonnant de constater à quel point les enseignants sous-estiment l'effet de leur personne et surestiment la transmission de leurs connaissances. Beaucoup d'enfants, vraiment beaucoup, expliquent en psychothérapie à quel point un enseignant a modifié la trajectoire de leur existence par une simple attitude ou une phrase, anodine pour l'adulte mais bouleversante pour le petit.
Les enseignants, en revanche, n'ont pas conscience de ce pouvoir. Les professeurs interrogés sur la réussite scolaire de leurs élèves ne s'attribue presque jamais le mérite du succès. Presque toujours, ils l'expliquent par une sorte de qualité inhérente à l'élève : "Il avait une bonne tête", "ça rentrait bien", "il était studieux"... comme si l'enfant avait possédé une sorte de qualité scolaire à laquelle ils étaient étrangers, un bon terreau où avaient poussé les connaissances qu'ils y avaient plantées(...)
les enseignants qui croient à la résilience ont un effet de résilience supérieur à ceux qui n'y croient pas. Même quand ils n'ont pas travaillé le concept, le simple fait d'en être convaincu construit une représentation intime qui s'exprime par des indices que l'enfant perçoit comme des informations massives, évidentes pour lui.
Mais cela ne peut pas constituer une recette comportementale puisque, pour faire un tuteur de résilience, il faut une constellation de pressions. Le petit changement d'interaction qui témoigne du changement de représentation dans l'esprit de l'enseignant est mieux accepté par les filles. Elles font facilement de ces indices comportement un tuteur de résilience puisque depuis leurs petites années, elles vont à l'école pour faire plaisir à maman, à papa et à la maîtresse."
Boris Cyrulnik, le murmure des fantômes p95-97

vendredi 14 août 2009

Lecture : Chagrin d'école, 1

"-Cinquante-cinq minutes de français, expliquais-je à mes élèves, c'est une petite heure avec sa naissance, son milieu et sa fin, une vie entière, en somme.
Cause toujours, auraient-ils pu me répondre, une vie de littérature qui ouvre sur une vie de mathématiques, laquelle donne sur une pleine existence d'histoire, qui vous propulse sans raison dans une autre vie, anglaise celle-là, ou allemande, ou chimique, ou musicale...Ca en fait des réincarnations en une seule journée ! Et sans aucune logique ! C'est Alice au pays des merveilles, votre emploi du temps : on prend le thé chez le lièvre de mars et on se retrouve sans transition à jouer au croquet avec la reine de cœur. Une journée passée dans le shaker de Lewis Caroll, le merveilleux en moins, vous parlez d'une gymnastique ! Et ça se donne des allures de rigueur, par dessus le marché, une absolue pagaille taillée comme un jardin à la française, bosquet de cinquante-cinq minutes par bosquet de cinquante-cinq minutes. Il n'y a guère que la journée d'un psychanalyste ou le salami du charcutier pour être découpés en tranche aussi égales. Et ça toutes les semaines de l'année ! Le hasard sans la surprise, un comble !

Chagrin d'école, Daniel Pennac, folio, p129